critique
04/08/2010, 11:57
Filed under: Uncategorized

- le titre de l’œuvre : Rock it

- le nom de l’artiste: Jamie Hewlett ,Gorillaz

- le lieu de production: Angleterre

- la date de production: décembre 2004

- le matériel utilisé: Animation 2d et 3d

Cette critique portera sur le vidéoclip “rock it” du groupe anglais Gorillaz. J’ai choisi ce vidéo non pas pour son originalité ou sa beauté  puisque ce n’est certainement pas le vidéo le plus réussi du groupe. À cet effet, j’aurais pu choisir un vidéo comme celui pour la pièce “Stylo” qui nous présente un mini film d’action mélangeant virtuel 3d et réel ou l’on peut même voir Bruce Willis! Mais au-delà du visuel de “rock it“, je suis surtout attaché au message derrière le vidéo qui est bien sûr transmis visuellement, mais également textuellement.

Ce vidéoclip fit son apparition en décembre 2004 sur le site internet du groupe  afin de promouvoir la réouverture du studio Kong, maison virtuelle et interactive du groupe que l’on retrouve sur leur site internet.  La chanson fut mise sur disque beaucoup plus tard soit en 2007 sur l’album “d-sides”.  Le vidéo  tout comme l’ensemble du visuel de ce groupe virtuel a été conçu par la compagnie  Zombie Flesh Eaters. Fondé par Jamie Hewlett, cofondateur du groupe, cette compagnie a été fondée exclusivement pour construire l’univers de Gorillaz autant les pochettes d’albums que le site internet, les DVD ou les dessins officiels. Il est important de spécifier que le groupe est exclusivement virtuel et représenté en dessins 2d et parfois 3d. Donc, comme vous le devinez surement, le vidéoclip est un dessin animé.

Il nous montre tout d’abord une statue en 3d qui est une représentation d’un dieu fessant partie de la mythologie babylonienne appelée Pazuzu. Il est le démon du vent reconnu pour apporter  la famine. Il s’agit de la même statue que l’on retrouve dans le film L’exorciste. Le lien avec ce film est renforcé par la dernière tête de zombie du vidéo qui ressemble étrangement àCaptain Howdy”, le personnage décrit par la jeune fille du film pour illustré le démon qui la possède. On peut donc également tracer un lien avec les têtes de zombies que l’ont aperçoit dans le vidéoclip. En effet,  l’écran est souvent envahi par ce qui semble être des racines ou des branches d’arbre. De ces branches surgit des têtes de célébrités qui ont un aspect zombies. Outre ces deux plans de caméra, on peut voir les quatre membres du groupe qui marchent dans un monde désertique sous le soleil couchant. La presque totalité du vidéo est une succession, même une répétition de ces éléments visuels.

D’un point de vue exclusivement visuel, le message porté par la chanson ne se décode que par les têtes de zombies. Sur l’une d’elles, on peut lire “I am shit” et une autre dit ” lobotomy pop”. Le seul autre indice visuel vient à la toute fin du vidéo. Il est écrit en gros caractère noir ” reject false icons”. Tous ces indices visuels sur le message du vidéo ne peuvent qu’être consolidés par les paroles de la chanson dont voici un extrait: ” I’m walking to the something/ Bla bla bla bla bla bla bla/ Collapse/ I’m drinking too much bla bla,/ bla bla bla bla bla bla/ Fall out/ I’m feeling really bla bla, I want to bla bla bla/ Collapse/ And in the end it means I’ve bla bla bla bla bla bla bla/ The end”

Certains interprètent le message en rapport avec l’abus de drogue ou d’alcool. Je pense que c’est une lecture au premier degré. De par les indices visuels et les paroles, j’interprète plutôt le message comme une satire des chansons populaires aux histoires et propos souvent semblables. Les paroles contiennent des débuts de phrases dont le sujet ou l’action se retrouve très souvent dans les textes de chanson pop. On laisse ensuite le reste de la phrase vide, en quelque sorte, en substituant la suite par des “bla bla bla”. On tente donc de dire aux gens de ne pas chercher à s’identifier à ces chansons et par le fait même à ces artistes qui vous proposent tous des “oeuvres” semblables et sans aucune profondeur. Par cette chanson et ce vidéo, le groupe Gorillaz nous démontre qu’il est facile de faire une bonne chanson accrocheuse sans un vidéo ou des paroles très élaborées.

Ce vidéoclip est aussi un outil promotionnel pour la campagne ” reject false icons” du groupe Gorillaz qui visait à critiquer les icônes pop modernes et à inculquer la notion de penser par soit même, se forger ses propres opinions. Le groupe ne cherche donc pas à discréditer les icônes pop et à se valoriser en disant nous sommes mieux qu’eux, mais ils font une mise en garde contre ceux qui valorisent ces icônes et qui  en fond presque des dieux. Je crois que ces gens sont peut-être illustrés par les têtes de zombies dans le vidéoclip. Comme vous le voyez, ce vidéoclip laisse une grande place à l’interprétation.

On pourrait qualifier la campagne liée à la chanson d’artistique  puisque de par le site internet, les participants devaient imprimer des autocollants et trouver des façons originales d’intégrés les autocollants ” reject false icons” dans des compositions picturales. Par exemple, on peut voir de grandes affiches publicitaires du chanteur Usher avec les yeux rayés et remplacés par ces autocollants ou encore sur des affiches de Condalisa Rice qui ont subi le même sort.

Bref, de par les qualités visuelles et sonores de ce vidéoclip et surtout par la porté du message, je vous recommande très fortement de découvrir cette pièce ainsi que l’ensemble de l’œuvre de l’excellent groupe Gorillaz.


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